Bastia | Bastia

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Bastia

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Si Ajaccio est la cité du couchant, Bastia est celle du levant. La seconde ville de Corse (par sa taille et sa population) possède une grande richesse culturelle et architecturale, ainsi qu’un patrimoine à découvrir, ou redécouvrir. Si certains font remonter ses origines jusqu’à l’antiquité grecque, c’est au Moyen Âge que la ville prendra réellement son essor. Elle est au centre des pièves de Mariana et connaît parallèlement le développement économique de son port. Les génois voient en elle un point stratégique : située après les plaines de la Marana, bien desservie par les voies de communication et possédant une façade maritime, Bastia devint le lieu d’administration des génois, qui s’étaient établis à Biguglia jusqu’alors. La tour qui donne son nom à la ville fut construite en 1370. La ville sera fortifiée au siècle suivant, donnant un atout supplémentaire à la cité. On y transférera le siège administratif de Biguglia. Au Moyen Âge, Bastia connaîtra une organisation en deux parties : le vieux port (Terra Vecchia) et le quartier de Terra Nova, centre administratif. Bastia sera donc pendant des siècles le centre de l’administration génoise et un foyer central de peuplement.

Dans le même temps, le commerce prospère et la vie culturelle se développe. On notera la présence des Jésuites, de sociétés savantes créées sur le modèle italien et de diverses confréries. La situation dure jusqu’au XVIIIème siècle, avec l’arrivée des français. Les génois perdent peu à peu leur puissance et doivent faire face à des révoltes. Sous Paoli, l’administration sera transférée à Corte, point de départ du déclin de Bastia. Même si elle est le chef-lieu du département du Golo, Bastia a perdu son prestige d’antan et connaît une baisse de population suite à la diaspora corse.
L’étang de Biguglia, dans les environs de Bastia, est une réserve naturelle depuis 1994. Sa superficie est de 1 600 hectares et il est séparé de la mer par un fin cordon lagunaire. Longtemps déclaré insalubre, le lac est aujourd’hui réputé pour sa production d’anguilles. La commune possède également une chapelle romane ainsi qu’un site préhistorique ; elle est aujourd’hui une station balnéaire.
Borgo : la ville, aujourd’hui au centre de la zone industrielle de la Haute Corse, a été le théâtre de l’affrontement entre les corses et les français au XVIIIème siècle. En 1738, les troupes de Pasquale Paoli l’emportèrent à deux reprises.

Traditionnellement, un pèlerinage se déroule à la grotte de Sainte Dévote, originaire des environs et martyrisée à l’époque romaine. La sainte fut déclarée patronne de l’île en 1820, et Pasquale Paoli songea à la représenter sur le drapeau corse, avant d’opter pour la Testa Mora.
L’ancienne région de Mariana, dans la vallée du Golo, est elle aussi un lieu d’histoire. La cité fut fondée par Marius en 93 avant J-C, afin d’implanter une colonie romaine en Corse. La ville comptait alors environ 20 000 habitants. Les ruines furent découvertes au XIXème siècle quand le canal qui devait mener les eaux jusqu’à l’étang fut creusé, puis les fouilles se firent de plus en plus nombreuses.
On trouve également une basilique paléochrétienne datant du IVème siècle de notre ère. L’église Santa Maria Assunta, plus connue, fut construite en 1119 sous la domination pisane. L’ancienne cathédrale de l’évêché de Mariana est un chef-d’oeuvre de l’art roman, avec ses lignes épurées et le travail effectué sur les matériaux.
L’antique Mariana est aujourd’hui Biguglia. A l’entrée de la ville, une sculpture rappelle le rôle important joué dans l’histoire par cette colonie romaine.
Dans les environs, l’aéroport de Bastia-Poretta (situé sur la commune de Lucciana) a vu Antoine de Saint-Exupéry s’envoler pour la dernière fois en septembre 1944.