Cap Corse | Rogliano

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Rogliano - Ruglianu

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C’est l’ancien centre de la piève, autrefois fief des Da Mare. Occupé sous l’Antiquité sous le nom de Vicus Aurelianus, Rogliano fut conquis par les génois en 1592. En 1768, sous Paoli, Rogliano devint le chef-lieu de la province du Cap, puis sous-préfecture en 1790 avec l’administration révolutionnaire. Le village comptait alors quatre mille habitants. Aujourd’hui, Rogliano demeure la ville la plus importante du Cap. Il se compose de huit hameaux, de la marine de Macinaggio et de îlots de Finacchiarola.

La marine est le premier port de plaisance du Cap. Son charme et sa situation attirent de nombreux visiteurs chaque année, et le Nautival, organisé entre fin mai et début juin, crée beaucoup d’animation dans le port. C’est à Macinaggio que débarqua Pasquale PAOLI en 1790, après son exil en Angleterre. Le village compte un grand nombre de tours génoises. La plus spectaculaire est sur un des îlots. Ses ruines semblent flotter sur l’eau, et sa silhouette se détache du ciel. Au nord, on trouve celle d’Agnello, datée du XVIème siècle, inscrite dans un superbe paysage. L’île de la Giraglia possède également la sienne. Macinaggio est le point de départ de très belles promenades, la plus connue étant le sentier des douaniers, qui part du village pour arriver à Centuri. On peut également accéder à ses plages, dans de sauvages et superbes sites. La baie de Tamarone, par exemple, est un site préservé. Les îlots sont quant à eux une réserve naturelle, où poussent de rares espèces d’asphodèles.

On trouve de nombreuses amphores romaines vers ses côtes. Ainsi, dans les années 1960, on a retrouvé les trois cents amphores d’une galère marchande, contenant du vin et de l’huile. Ces découvertes confirment les liens étroits qui liaient la Corse à l’Italie à l’époque romaine.

Bettolacce est le centre de la commune. Le village est traversé par le Chemin de l’Impératrice, qui le finança à son retour du Canal de Suez en 1869. Avec sa tour ronde et ses hautes maisons anciennes, c’est un bourg agréable, encore empreint d’histoire. Son église Sant’Agnellu, à façade baroque, est un superbe exemple d’architecture. La balustrade du chœur fut financée par l’Impératrice Eugénie, et son autel en marbre blanc offert par des Roglianais émigrés à Porto Rico est remarquable.

Dans l’ensemble, les hameaux de Rogliano ont su garder leur caractère, et on voit plusieurs «maisons d’américains» au fil des routes. En effet, à la fin du XIXème siècle, un grand nombre de familles a émigré à Porto Rico, constituant une communauté très soudée.

A Vignale, on voit encore les ruines du Castellacciu San Colombano, où vivaient autrefois les seigneurs Da Mare. Il se situe non loin des ruines du château des Negroni (les descendants des Da Mare). La tour génoise dite de Barbara Da Mare dévoile un panorama superbe sur tout le nord du Cap. Le gouverneur génois de l’époque y trouva la mort, tué par la population.

Vassale de Gênes, la famille Da Mare était à la fois haïe et crainte parmi les populations, tant elle dirigeait son fief d’une main de fer. Jacques Da Mare fut le dernier des seigneurs de Rogliano. Il se rallia en 1553 à Sampiero et, en représailles, les génois firent détruire son château. Le nom castellacciu (le suffixe –acciu désigne quelque chose de mauvais, en Corse) remonte à cette époque.

Rogliano possède un patrimoine architectural riche : chaque hameau est gardé par au moins une tour génoise, et on trouve plusieurs chapelles. Ainsi, l’ancien couvent Saint François, remanié au XVIIIème siècle, se situe près d’une église en ruines. A La Chiapella, on peut voir la chapelle romane Sainte Marie, à absides jumelles, remaniée au XVIème siècle. Enfin, à Magna Sottana, la chapelle romane à campanile isolé est construite sur un ancien sanctuaire roman.