Haute Vallée de la Gravona | Ucciani

Ucciani

20133 UCCIANI
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Du lundi au samedi :
9h à 12h

Trônant sur une arête montagneuse, le village d’Ucciani s’étale sur une vaste étendue de châtaigniers, la plus importante concentration de l’île. Situé à 420 m d’altitude, au cœur de la vallée de la Haute-Gravona et du parc naturel régional de Corse, il faisait anciennement partie du canton Celavu-Prunelli. Son territoire s’étend sur une superficie de 2 836 hectares, avec plus au sud, la Punta d’Isa (1 630 m) et la pointe d’Aculone (1 416 m).
Il se démarque par ses belles maisons anciennes carrées et son bel ensemble de voûtes, de ruelles étroites et de montées en escaliers. À proximité se trouve le charmant petit hameau de Crucoli, aussi typique que le bourg.
Le village, véritable château d’eau, jouit de nombreuses sources, qui viennent ainsi renforcer la potentielle origine de son nom. En effet, la toponymie d’Ucciani, renverrait à une déformation du corse « Occej d’acqua », qui signifie « petite source », et par extension « lieu où abondent les sources ». C’est notamment ce climat et cet environnement aux vastes ressources qui ont offert d’importantes possibilités de production et de récolte agricoles sur ce territoire.

Histoire :

Ucciani est occupé depuis la préhistoire, comme en témoigne la statue menhir retrouvée à Tavera, ou encore la découverte d’un sanglier en bronze protohistorique dans un jardin au lieu-dit Piruchjolu.
Bien plus tard, après la chute de l’Empire Romain, ce territoire, comme beaucoup de villages de montagne, a constitué une place de retrait stratégique pour les populations installées en bas de la vallée et sujets à de nombreuses invasions et à la conquête romaines (cela remonte aux guerres puniques en -259).
Plus tard, entre le Ve et le VIe, toujours suite à ces incursions répétées, les études de l’archéologue Xavier Poggioli révèlent que les habitants se réfugièrent ainsi au lieu-dit Tassu. De même, les ceux de Veru quittèrent leurs maisons pour rejoindre Mariaccia et les gens de Tavacu fondèrent Meligrossi. Naquirent alors une entraide et une lutte commune face aux envahisseurs entre ces trois communautés toutes proches les unes des autres. Cependant le pouvoir est longtemps resté aux mains des uccianais, grands patrons sur leur propre terre d’origine. La construction de la chapelle San Lunardu à Tassu (datée au IXe ou au tout début du Xe siècle), à l’initiative des seigneurs uccianais, devint alors un moyen de prendre aussi possession du pouvoir religieux. Elle se situe sur un plateau isolé, sur le sentier muletier reliant Baselica au hameau de Cruculi. Un chemin qui a connu un passage important à l’époque, pour les échanges entre vallées.

Peu après le Xe siècle, la commune continue de se développer et les sites primitifs (Sant' Antonu, Santa Barbara, Sant' Antuninu, Cunventu...) furent réoccupés et des édifices religieux y furent érigés. C’est à cette époque, durant le Moyen-Âge, qu’a été bâtie l’église paroissiale que l’on connaît aujourd’hui, et dédiée à Saint Antonin. Elle sera ensuite, reconstruite durant l’époque moderne.
Le clocher au centre du village près de l’église, lui, est de construction plus tardive, en 1715. Il a été remanié au XIXe siècle.

L’Église paroissiale Sant « Antonio possède deux points d’intérêt principaux : une statuette en marbre du XVIe siècle représentant Notre Dame du mont Carmel, ainsi qu’une cloche datant de 1715. Au nord du village, sur la route, on peut également voir une chapelle rurale.
En déambulant dans les ruelles des hameaux, on peut voir, à Poggiolo Sottano, un linteau et des pierres sculptées de signes, dont l’un ressemble à un disque solaire. Ces pierres réemployées proviennent sans doute d’un ancien sanctuaire préchrétien.
On a également retrouvé une statuette de sanglier en bronze dans un des hameaux d’Ucciani. Nul ne sait la fonction ni l’origine de cet objet. Était-ce un trophée de chasse, un porte-bonheur, une simple œuvre d’art ? Son origine divise les spécialistes, qui ne savent
pas à quel patrimoine culturel la rattacher. Certains évoquent les Étrusques, les Carthaginois, voire même certaines peuplades du Bénin. La municipalité n’a hélas pas conservé cette mystérieuse statuette, qui figure désormais dans une collection privée.

Culture et traditions :

Tous les ans au mois de juin, à lieu sur la commune d’Ucciani la rituelle bénédiction des petits pains de Saint-Antoine. Cette cérémonie se déroule dans une petite chapelle isolée située entre les villages de Tavera et Ucciani. Après une messe en plein air qui rassemble traditionnellement une cinquantaine de fidèles, la statue du Saint est transportée en procession aux alentours de la chapelle. Certains fidèles venus des environs amènent dans des paniers d’osier, des petits pains qui seront distribués à la fin de la cérémonie. Pendant toute l’année, ils seront une protection contre le mauvais sort. Cette distribution qui était à l’origine un acte de solidarité et de charité chrétienne, à l’image de la bonté du Saint que l’on honore, s’est transformée au fil du temps en une croyance tenace destinée à protéger les fidèles de ce mauvais esprit.

Activités et lieux d’intérêt :

  • L’élégant pont courbe datant de la fin du XVIIIe siècle sur la Gravona fut construit en partie grâce à Bernadotte, alors militaire dans l’armée royale en 1786.
  • L’église paroissiale Saint Antonin

Fête communale et patronale : 2 sept.