Spelunca-Liamone | Guagno

Guagno

Guagnu

Guagno

Guagno, en Corse du sud, se situe dans l’ancienne piève Sorroinsù, dont elle était le chef-lieu, dans la région des Deux-Sorru. Le village s’étend à 752 m d’altitude, sur un peu plus de 40 km et compte environs 160 habitants. Il est étiré en gradins sur un sommet, et ses maisons anciennes sont parfaitement intégrées à un ensemble restauré homogène.
Entouré des communes de Orto, Pastricciola et Rezza, il était par le passé le carrefour de plusieurs sentiers de transhumance, passant notamment par les bouches du Manganellu qui rejoint le centre corse.

Le village, aux origines médiévales, a été fondé à la moitié du XVe siècle sous la république de Gênes. Il a toujours connu une activité pastorale. Sa toponymie renverrait d’ailleurs au mot « gualdagnu », qui ferait référence à un contrat entre un propriétaire d’animaux et un berger. On retrouve ainsi à Guagno plusieurs estives et bergeries ayant appartenues notamment aux éleveurs de porcs et bergers qui vivaient dans la région et qui transhumaient depuis le Liamone. Ces axes de transhumances datent de la préhistoire, et passaient près des sources thermales, qui ont alors été le point de réunion de nombreux bergers.

Son ancienne appellation « Guagno-les-Bains » remonte au XVIe siècle, en raison de la présence de sources thermales.Et durant le XIXe siècle, sous le règne de Napoléon III, avec la création de l’hôpital militaire et le début du tourisme de cure, ces sources soufrées ont connu un attrait considérable, tant touristique que commercial.

Guagno est aussi le lieu où se trouve le monument du curé Circinellu. Connu pour son refus du rattachement à la France, il dirigea durant trois années une résistance avec les montagnards du Tritorre. Né Dominique Leca, l’abbé refusa de prêter serment à Louis XV après la défaite de Ponte Novu, et pris le maquis. On le retrouva mort en 1768 dans une grotte près d’Ania di Fium’orbu, son fusil dans une main, et son crucifix dans l’autre.

Le village est aussi la patrie du célèbre bandit Théodore Poli qui nécessita une opération militaire en 1822 pour mettre fin à son activité. Il devint bandit suite à un malentendu concernant le service militaire : en effet, un de ses ennemis l’accusa, à tort, de vouloir déserter. Arrêté, Théodore Poli tua le brigadier, prit le maquis, et décida de pourchasser les gendarmes. Ses coups d’éclat lui valurent le respect de la population, qui vit en lui une résistance à l’état français, incarné par les autorités.