Sartenais - Valinco | Giuncheto

CC Valinco sartenais - Giuncheto

Giuncheto - Ghjunchetu

C’est dans une région sauvage et retirée, aux forêts de chênes-verts, d’oliviers et à l’épais maquis que l’on peut trouver Giuncheto. Etymologiquement, Giuncheto signifie «lieu où poussent les joncs». Le territoire communal est enclavé dans celui de Sartène. L'ancienne paroisse allait jusqu'au rivage de Roccapina et à Mortoli. C’est un village perché au sommet d'une colline boisée, aux vieilles maisons de granit bien appareillées, aux beaux escaliers extérieurs, où l’on peut trouver de jolis bas-reliefs sculptés. L’un d’entre eux possède ainsi un croissant sculpté au-dessous d’une croix. De nombreuses hypothèses circulent à ce sujet. Pour certains, ce serait l’église triomphant de l’islam, pour d’autre, le symbole d’un mariage entre un corse catholique et une barbaresque (ou l’inverse). Selon d’autres théories, le motif pourrait provenir de l’ancien couvent de Sampolo qui, comme son nom l’indique, a été fondé par Saint Paul. Il fut ruiné par les raids barbaresques du XVIème siècle et seule sa croix aurait été sauvée. On l’aurait ramenée au village, dans l’oratoire Saint Antoine. La croix disparaissait assez régulièrement, pour être retrouvée plus tard dans les ruines du couvent. Pour certains, il est possible qu’elle ait été retrouvée et enchâssée dans les murs d’une maison.

L’église paroissiale possède un chevet semi-circulaire et un clocher latéral massif. On peut trouver au fond de l'autel une Pietà peinte. Selon la légende, le libérateur du village serait enterré sous la dalle. C’est là que sont bénis les petits pains préparés pour la Saint Roch, ainsi que les strenna, gâteaux en forme d’amphore faits entre Noël et le jour de l’an. Ils sont gravés de cinq F, pour fortuna, farmi, fare, felice et fine.

On peut également voir les vestiges très apparents de l'ancienne abbaye romane San Paolo, au lieu-dit San Paolo. Plus loin, on peut aussi visiter le site du dolmen de Cardiccia, avec dalle-hublot échancrée et sépultures à grands coffres. Jusqu’au XIXème siècle, les morts de Giuncheto étaient enterrés non pas au cimetière, mais dans des grottes aux environs du village, les sapare, sans doute d’inspiration préhistorique.