Sud Corse | Porto-Vecchio

Porto-Vecchio - Purtivechju

porto vecchio

Dans un golfe, entouré de plages de carte postale, la première ville touristique de Corse est relativement récente. Elle fut construite par les génois en 1539, afin d’asseoir leur implantation dans le grand sud et d’avoir une place forte entre Bonifacio et Aleria. Cependant, la cité nouvellement créée succomba aux raids barbaresques, et ses marais devinrent insalubres. La ville sera attaquée et pillée par les turcs tout au long du XVIème siècle, et par Sampiero en 1564. La malaria et l’insalubrité ayant eu raison de la cité, ses habitants trouvèrent refuge dans les montagnes environnantes. Dans la région, on dit de l’endroit «A frebba li tumba e l’Acqua l’ingrisgia» (la fièvre les tue et l’eau les vieilit), pour parler du fléau de la malaria qui perdura de nombreux siècles.

 

Porto Vecchio ne renaîtra de ses cendres qu’au XIXème siècle. Sous Napoléon III, les autorités eurent l’idée d’exploiter les marais, et d’aménager des salins. Ils sont encore en activité, se visitent, et produisent environ 900 tonnes de sel par an. Le tourisme se développe un peu au XIXème siècle, mais c’est après la disparition du moustique porteur de la malaria que la ville prendra son essor. Porto-Vecchio, troisième ville de Corse par sa population, vit essentiellement du tourisme et voit sa population décupler en été.

 

La ville et sa marine sont dominées par les anciennes fortifications génoises, dont certaines parties sont encore bien conservées. On peut encore voir cinq bastions, et une porte, qui est l’entrée principale de la vieille ville. Sur sa place se trouve l’église paroissiale Saint Jean Baptiste, construite au XIXème siècle, qui renferme de très belles fresques.

 

Dans les environs, on peut découvrir les sites préhistoriques, à Torre et Tappa, qui sont très complet et dont les forts cyclopéens regorgent de mobiliers et de nécropoles. Occupé depuis l’Antiquité, le site du golfe regorge de sites funéraires préhistoriques, signalés par des cairns ou des pierres levées. On connaît très mal l’existence préhistorique de la région, ce qui donna lieu à de nombreuses spéculations et à beaucoup de superstitions. L’histoire n’a été redécouverte que très récemment. On a ainsi mis à jour quelques alignements de murs et des traces d’habitations, non loin de l’estuaire de l’Osu. De même, on peut voir quelques traces d’une voie romaine non loin du golfe. Vers les salines, on trouve des mégalithes, et les plongeurs peuvent voir des amphores romaines dans les environs. Depuis les plages, on peut voir la tour génoise en ruines de la Chiappe, sur la pointe du même nom, ainsi qu’un sémaphore. Le promontoire de la Chiappa, très beau, serait le théâtre des événements relatés par Apollonios de Rhodes dans ses Argonautiques : ce serait l’île des sirènes, au charme à la fois irréel et funeste. L’une des nécropoles, à Tivolaggiu, est à l’origine d’une légende, selon laquelle elle serait entourée de barrières magiques et gardée par des serpents.

Les plages du grand sud sont les plus prisées. Sur la presqu’île de Picovaggia, où on trouve la réserve naturelle des îles Cerbicales, on peut se baigner à la plage de Palombaggia, entourée de roches rouges, qui accueille des milliers de visiteurs chaque année. Les plages les plus proches de la ville sont Cala Rossa, la baie de Santa Giulia et le Golfo di Sogno.

Pour la saint Jean, la ville est en fête. La cérémonie commence par une procession dans la haute ville, en partant de l’église Saint Jean Baptiste. Puis on saute au-dessus du feu en faisant un vœu, et les épis de blé sont distribués, pour assurer une bonne récolte. Cette tradition est encore respectée, en ville comme dans les hameaux alentours. Autrefois, pour Mardi-Gras, une bien étrange fête avait lieu : les élèves des écoles primaires amenaient des coqs en classe, et les libéraient dans la cour.