Sud Corse | Bonifacio

Bonifacio - Bunifaziu

12 Place de l'Europe
20169 BONIFACIO
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tete de maure
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A l’extrême sud de l’île, perchée sur des falaises de granit blanc, Bonifacio regarde l’horizon dans un cadre enchanteur. Sous l’Antiquité, Homère avait fait de la cité la ville des Lestrygons, dans l’Odyssée.

Petite ville de marchands pendant les périodes grecques et romaines, Bonifacio ne se développera qu’après les raids du Moyen-Âge. On raconte que Boniface II, marquis de Toscane, s’y arrêta au IXème siècle au retour d’une expédition et, séduit par la ville, décida de s’y installer, en lui donnant son nom. Après plusieurs tentatives, les génois réussirent à s’emparer de Bonifacio au XIIIème siècle, et en firent une ville indépendante, autorisée à battre monnaie et jouissant d’une certaine indépendance politique. Les dirigeants, d’origine ligure, gardèrent leur langue jusqu’à une époque très tardive et, encore aujourd’hui, le Corse parlé à Bonifacio est très différent de celui parlé dans le reste de l’île.La ville prospère attirera les convoitises. En 1420, Vincentello d’Istria aide le roi d’Aragon à assiéger Bonifacio. La légende liée aux escaliers vient de là, et on raconte que les hommes du roi l’auraient taillé dans la roche en une nuit. Le siège fut levé en 1421. Un siècle plus tard, en 1553, les troupes turques du pirate Dragut, alliées de Sampiero et de la couronne de France, réussirent à prendre la ville, qui sera restituée aux génois par le traité de Cateau-Cambrésis en 1558. Ils commencèrent les fortifications afin de mieux résister aux invasions.

Après la défaite de Ponte Novu, Bonifacio devint française. Elle connut un déclin durant le XIXème siècle, principalement à cause de la crise industrielle et agricole traversée par la Corse. Le développement du tourisme lui permit de redresser son économie et de mettre son patrimoine en valeur.

La ville haute, fortifiée, est chargée d’histoire. Les maisons sont construites à même la falaise, et bénéficient d’un panorama vertigineux sur la mer. On y accède par la montée de Saint Roch, qui mène à la porte de Gênes. Le culte de ce saint est très important à Bonifacio, ville de marins à l’origine. Une chapelle érigée en son honneur rappelle le souvenir des morts de la peste au XVIème siècle, et une merendella a lieu le jour de sa fête, le 16 août. La citadelle se visite, et un musée présente l’histoire de la ville.

Dans la ville haute, l’église Saint Dominique est l’un des rares édifices de style gothique en Corse. Elle fut construite par les Templiers en 1270. On peut y voir de très belles peintures, dont une Vierge au rosaire, ainsi que de nombreuses sculptures en bois. De style baroque, certaines sont portées en procession le vendredi saint, comme celle de la Vierge.

On peut aussi visiter l’église Sainte Marie Majeure, à la façade très décorée, construite au XIIIème siècle. C’était autrefois le lieu de réunion des dirigeants de Bonifacio, et la maison des podestats se situe juste à côté. A côté du cimetière, l’église Saint François est plus petite, mais bénéficie d’une vue exceptionnelle sur la mer. On y trouve un mobilier en marbre, et le bénitier fut donné par la famille Della Rocca. Près de l’ancienne mairie, le musée des arts sacrés présente différents objets de culte ayant appartenu aux confréries de Bonifacio, qui jouèrent un rôle très important jusqu’au XXème siècle. La marine est un lieu très agréable et son port, à l’abri des vents, est très fréquenté. C’est un point de départ pour découvrir Bonifacio par la mer. Les navettes proposent généralement une excursion vers les grottes marines. On peut ainsi voir la grotte du Sdragonato (Dragon), dont les algues violettes aux reflets irisés jouent avec le soleil et teintent la roche d’une couleur particulière. Le Gouvernail et le Grain de Sable sont deux blocs de calcaire séparés du reste de la falaise par l’érosion. Plus loin, on arrive à la grotte Saint Antoine, aussi appelée grotte Napoléon, à cause de son ouverture zénithale qui rappelle la forme du chapeau de l’empereur.

Entre la Sardaigne et Bonifacio, on peut visiter les îles Lavezzi, réserves naturelles qui abritent bon nombre d’espèces endémiques à la Corse. Ainsi on y trouve des Posidonies et des cormorans huppés. Elles appartiennent au parc marin international, et sont gérées par la France et l’Italie. Selon certaines théories, les îles Lavezzi seraient les fragments de l’isthme reliant la Corse à la Sardaigne il y a des millions d’années. Elles étaient également habitées jusqu’au Moyen-Âge, puisqu’on y a retrouvé quelques vestiges d’un port romain et d’une chapelle médiévale. Enfin, les Lavezzi furent le théâtre de la tragédie qui coûta la vie à tout l’équipage de la Sémillante, en 1855, et qu’Alphonse Daudet relate dans ses Lettres de mon moulin. Un monument a été érigé à la mémoire des marins sur l’un des îlots.