Haute Vallée de la Gravona | Bocognano

Bocognano - Bucugnà

Bocognano est un gros bourg montagnard, trônant à 650 m d’altitude. Il est formé d’une série de hameaux sur un versant de montagne, offrant un paysage typique de la région, au cœur de l’ancienne piève de Celavo dont elle était le chef-lieu. Ses onze hameaux sont : Celli, Busso, Poggiola, Moraschi et Corsacci étant les plus importants, Pietrajolo, Quercioli, la Gare, Colleta, Villanova et Erbajo.

À mi-chemin entre Ajaccio et Corte, le village de Bocognano est réputé pour sa situation privilégiée au pied du Monte d’Oro, ses châtaigneraies et sa cascade du voile de la mariée à l’écart du village. C’est d’ailleurs l’une des dix communes formant le canton de Celavo-Mezzana, et adhérent au Parc Naturel Régional de Corse sur le territoire de la Gravona. Son patrimoine naturel, la pureté de ses sources, la qualité de son accueil en font une station climatique et estivale recherchée à proximité d’Ajaccio.

Bocognano est situé dans le « delà des monts », la partie granitique de l’île. À l’Est, on trouve le mont Renoso qui encadre de ses 2352 mètres la vallée de la Gravona. On peut y voir aussi les plus larges neiges éternelles de toute la Corse, au glacier de Busso. Exposé au sud et ne culminant qu’à 1600 mètres, il recueille cependant toutes les avalanches des montagnes voisines.

Histoire :

Le site était déjà occupé dans l’Antiquité. Selon les études de l’historien Xavier Poli, certains lieux mentionnés par Ptolémée semblent correspondre à des lieux aujourd’hui existants : la civitates de Mora dans la vallée de la Gravona (l’une des trente-trois civitates que comptait la Corse) correspondrait à Moraschi, un hameau de Bocognano. Ces analyses sont confirmées par les cartes géographiques reprenant le pic Mora, entre Afa et Alata, le pic Muraffia, au sud de Tavera, et Moraschi, près de Bocognano. La vallée de la Gravona était habitée par le peuple des Cervini.

Bocognano est né des premiers habitats installés en bordure d’un chemin qui reliait le sud de la Corse au centre de l’île, en passant par a Foci di Vizzavona. Par le passé, le village était composé pour beaucoup de bergers nomades qui pratiquaient la transhumance, passant les estives en montagne et l’hiver sur le littoral, notamment dans la plaine d’Afa. Cependant ils conservaient des liens étroits avec le village, où souvent demeurait une partie de la famille.

Au Moyen-Âge, Bocognano a vu se dérouler la guerre des Cinarchesi contre la domination génoise, opposant l’Office de Saint Georges et la famille seigneuriale Da Leca à la fin du XVe siècle. Gêne, en 1489 a finalement récupéré ses droits sur la Corse et sur ces territoires, et les cinarchesi fut défaits. Avec la famille Della Rocca, ils furent les derniers feudataires en lutte contre les Génois.

Le village se compose de multiples quartiers issus des organisations de l’espace médiéval. Ces quartiers devaient être dotés d’édifices de culte annexes à l’église paroissiale. Ce fractionnement du village en quartiers est conservé jusqu’à la fin du XVIIIe siècle. On y trouve des maisons à deux ou à trois étages et aux toits rouges, présentant des façades austères, crépies. Quelques petits commerces y sont ouverts à Corsacci, ainsi qu’un bureau de poste, un office de tourisme, une école élémentaire, un centre d’intervention de Sapeurs-Pompiers et une brigade de Gendarmerie nationale.

Autrefois, au-dessus du hameau de Busso, existait le château du comte de Busso. Une légende dit qu’on peut apercevoir certains soirs, à la nuit tombée, des flammes près du château. Elles viendraient des âmes damnées du comte et de ceux qui ne peuvent trouver le repos.

À Bocognano se trouve une fontaine monumentale en galets bâtie en 1883, appelée Funtanone. Plus au sud, on trouvera la cascade du Voile de la Mariée.

Activités et lieux d’intérêt :

  • Visite du moulin à farine de châtaigne et de maïs (d’octobre à décembre)
  • Canyoning, escalade